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Que sont nos utopies devenues ? |
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09-02-2008 |
On en crève de ce monde où au son des «blin-blin» répond celui des canons. On en crève de ce monde sans rêves, sans alternatives et sans projet. On en crève de ces progressistes plus occupés à défendre leur pré carré qu’à essayer d’inventer. On en crève de ces financiers maniant tant de zéro que l’on se transforme tous en Krazucky, petit peuple d’en bas incapable de savoir si leur monde est milliards ou impossible jeu de billards. Allons-nous doucement mourir de notre peu d’imagination ou de notre peu de courage ? Avons-nous encore faim ? Sommes-nous encore vivants ? L’histoire est-elle vraiment finie ? Pas question ! Notre monde a un besoin urgent d’utopies, de rêves et de grands projets collectifs. Sans utopie, étymologiquement «ce qui n’existe nulle part», comment inventer les carburants finissants de nos moteurs pourtant en pleine forme ?
Le sourd bruissement des hyper réalistes revient déjà à mes haut-parleurs… Encore un doux rêveur, improbable héritier métèque d’un mai 68 qui aurait imprudemment fréquenté les barbudos de la Jeunesse Agricole Chrétienne au détour des chemins du développement local. J’en frémis… Par-delà leur cauchemar, ils ont raison. Sur un point au moins. L‘utopie ne débouche jamais sur le réel espéré. Et alors ? L’utopie n’est pas faite pour cela. Elle sert avant tout à produire de l’altérité, du dépassement et du mouvement. Et cela se voit, se sent, s’entend et se touche. L’utopie, c’est du sensuel, c’est du lourd baby !
Force est pourtant de constater que l’on est un peu léger côté proposition utopique non ? Visiblement, nos grands projets ne forment pas légions. Vous me répondrez qu’il y a quand même le foot et l’euromillion. Certes, certes… 668 millions pour la saison de foot et une chance sur 76 millions, environ, de gagner à l’euromillion. Et on se plaint ! ô peuple ingrat. Si vous pensez que foot et euromachin sont de la bonne économie, taper « On », sur votre télécommande. Si vous estimez qu’on a mieux à faire, taper « Off »! Plus amusant, plutôt que de frapper de pauvres touches innocentes, prenez votre monde en main. D’évidence, il ne faut pas, ou pas encore, compter sur grand monde pour inventer nos utopies.
L’utopie de Zemediavert est toute simple. Elle consiste à penser que nous avons, nous, petit peuple du bas, les moyens de démontrer que développement économique local et écologie peuvent se conjuguer pour inventer des sociétés locales plus justes, plus durables, plus solidaires et moins délirantes que celles que l’on nous prépare par ailleurs. On peut rêver non ? Oui, il faut rêver. |